Allez hop, un mini tour du monde via la littérature, on commence par là où il fait bon vivre :
J'avais adoré Les cerfs-volants de Kaboul lu il y a quelques années et c'est totalement par hasard que j'ai reçu celui-ci il y a quelques jours. Les critiques concernant l'auteur sont rarement élogieuses et c'est quand j'ai eu l'avis de celui qui m'a fait don du livre que j'ai compris ce qu'on lui reprochait : que le fond l'emportait sur la forme, que l'histoire ne pouvait faire oublier que l'écriture n'existait pas. Pas de bol pour moi (ou pas) mais j'aime tellement le contexte politico-culturel décrit dans ces livres que justement le style m'importe peu. Les descriptions d'un pays ravagé par la guerre et la dictature religieuse font oublier l'absence de tournures.
Donc ce petit roman socialo-dramatique sur quelques personnages afghans entre 1978 et 2002 reste pour moi diablement plus marquant que n'importe quel témoignage, d'autant que l'auteur est lui-même afghan en plus d'être un homme.
Là encore, on rappelle qu'il fait bon vivre dans les pays musulmans de manière générale et encore plus quand on tombe dans l'islamisme. Parfois un peu sentimental mais on le serait à moins face à des destins complètement étouffés par l'obscurantisme et la tyrannie.
Et pour jouer la fille de gauche je me dis que puisqu'aucun collégien ni lycée n'est plus foutu de lire un Balzac, qu'il lise donc celui-là, y a pas de descriptions, choses que les illetrés (oui je suis intolérante et je m'en fous) n'ont jamais pu supporter chez les naturalistes et qu'en plus ça leur mettra peut-être du plomb dans le crâne.
Dit comme ça, c'est le livre qui fait tout.
On remonte loin loin loin au nord :
La rencontre de deux individus que tout oppose et leur union improbable. Il y a deux tomes : le premier raconte leur histoire, le deuxième raconte la suite de leur histoire. Tellement évident. Faut au moins ça pour un roman plutôt mignon, hyper hyper facile à lire sur un homme et une femme, l'un agriculteur l'autre citadine, l'un manuel l'autre intellectuelle, l'autre fidèle aux valeurs traditionnelles familiales l'autre adepte du progres. En filigrane, quelques descriptions de la Suède et de ses saisons, de la nature, du climat parfois ingrat, quelques lignes de paysages nordiques. Rafraichissant.
Du très bon dans le métro ; léger, drôle et parfois un peu triste. Et pis c'est suédois, merde.
Retour en arrière mais plutôt dans le temps :
Pour beaucoup : un cauchemar remontant au collège. Pour d'autres : une description grandiose du Paris au XIXeme siècle. L'épopée incroyable, grandiloquente, majestueuse d'un Saccard (le 10eme des Rougon-Macquart), arriviste, carnassier, prêt à tout pour s'élever dans la société, sa montée dans l'échelle sociale, les tourments de Renée, jeune fille en proie au vice dont les désirs luxueux la feront basculer dans la folie. Sur un fond de spéculation, de pots de vin, de magouille qui font largement penser à des manipulations politico-politiques contemporaines. Le temps ne nous a rien appris, tout est dedans, absolument tout : l'enrichissement des élites au détriment des plus faibles, la capacité des uns et des autres à comploter et à profiter afin de toujours plus posséder, les duperies, les manigances, la fourberie.
Zola, maintenant, serait interdit d'antenne, c'est pas possible autrement.
Et retour au XXIeme en Angletere avec Le club des épluchures de patates que je viens de commencer. Mais je n'en pense encore rien.
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