Depuis peu, j'ai appris que les cours au 26 rue buffault n'aurait plus lieu. Que la salle serait récupérée par les escrimeurs (comme s'il fallait de la place pour faire semblant de piquer quelqu'un en avançant et en reculant en ligne droite à l'aide de son pied arrière et avant avec une fausse épée même pas aiguisée, y en a vraiment qui se prennent au sérieux) et que peut-être l'année prochaine, y aurait un créneau ici... Ou là...Une fois. Ou là. Mais moins longtemps. Ou encore ici mais 2h maximum.
Et là, c'est comme un truc qui s'effondre.
Parce que moi, quand j'ai commencé, ces cours, c'était comme un cadeau qu'on me faisait. C'était pas loin de chez moi. Non, ce n'est même pas que c'était pas loin, c'était limite totalement honteux que ce soit si près. C'était rempli d'instructeurs totalement différents mais complémentaires dans leur vision du systema. Comme si chacun incarnait un aspect de la pratique. C'était des cours en tout petit comité, quand on ne tombait pas dans le cours particulier et que le temps s'étendait à l'infini, comme la place d'ailleurs, parce que de la place, comme le temps, y en avait aussi (saloperies d'escrimeurs, c'est ça qu'ils veulent, pft !).
Bref, c'était bien mais quand même...
Parce que déjà quand un Loup n'a pas recommencé l'année, c'était déjà quelque chose qui s'est envolé (un syndrome de Stockholm en fait), une partie un peu maso certes mais après tout chacun sait que l'humain n'est pas comme l'informatique (comment ça on n'a pas de mises à jour automatiques gratuites ?), y a de multiples facettes en nous et se faire maltraiter, ça faisait partie du package.
Puis un Ours est parti (oué j'aime bien les animaux, on aura remarqué) et c'était moins drôle aussi, un Ours qui appelle des exercices par des noms de fruits ou qui nous faisait faire une grimace à chaque bruit sur le parquet non de douleur mais parce qu'on se devait de chuter silencieusement sinon ça allait chauffer pour nos bras dans les 2 minutes à venir.
Puis là ces dernières semaines, y en a deux autres qui ont tendance à s'évaporer. Et je ne me fais plus vanner, ni interpeler sévèrement comme si j'avais commis une faute (genre regarder en l'air).
Si on me fait remarquer (ce qu'on ne fera pas, parce que personne ne me lit, d'abord, sauf une personne ou deux un billet très précis, d'abord, je suis au courant, hein) que tout ça n'est pas l'enseignement et ben, si, c'est de l'enseignement, c'est complètement dépendant de l'enseignement, c'est inhérent à l'enseignement, ça fait partie de l'enseignement, bordeleuh. Dès lors qu'il y a apprentissage, transmission, savoir, il y a rencontre. La rencontre c'est de l'humain, c'est de la parole, c'est une façon de voir, d'appréhender les choses, d'être en relation avec l'autre. Et dans la rencontre, c'est la personnalité qui prime. Et autant de personnalités au m², on n'y renonce pas comme ça.
Et c'est ça qu'on veut me retirer ? Une pratique qui a totalement changé ma vie, ma façon de voir, avec des individus qui en possèdent plus dans la caboche que tous mes collègues réunis (qui a dit c'est pas dur ?) pour des gens qui se croient encore au moyen-âge ? Mais ils n'ont qu'à fabriquer des cabanes à Fontainebleau !
Je suis une enracinée, moi, diantre, mes quelques déménagements ont été des déchirements, mes départs en vacances se passent toujours sous le signe du stress et mes retours sont hyper nostalgiques. Je suis comme ça, c'est tout. Quand je vais quelque part, c'est chez moi. Et quand je m'en vais, c'est chez moi que je quitte.
Alors non, non et non, je ne suis pas d'accord.
Je ne veux pas et je m'enchainerai au radiateur de la salle en entamant une grève de la faim, voilà.